Paris, le 17 mai 2023 – À l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie (17 mai)
Le Comité IDAHO-France publie dans Le Monde un appel international pour un moratoire sur l’application des peines contre les personnes LGBT+.
Lire la tribune complète dans Le Monde :
Journée mondiale contre l’homophobie : pour un moratoire sur l’application des peines contre les personnes LGBT+
Texte rédigé par Alexandre Marcel (président du Comité IDAHO-France) et Louis-Georges Tin (fondateur de la Journée du 17 mai), soutenu par des associations LGBT+ de plus de 15 pays et des personnalités comme Josiane Balasko, Juliette Binoche, Vincent Cassel, Julie Gayet.
Dans plus de 70 pays à travers le monde, les personnes lesbiennes, gaies, bi ou trans (LGBT+) peuvent être condamnées par la loi et jetées en prison. Parfois même, elles peuvent être exécutées, simplement parce qu’elles sont ce qu’elles sont.
En 2006, le Comité IDAHO avait lancé un appel pour la dépénalisation. Ce texte avait été soutenu par plus de 50 000 personnes et de nombreuses personnalités : Prix Nobel (Elfriede Jelinek, Desmond Tutu, José Saramago…), leaders politiques (Jacques Delors, Thomas Hammarberg…), intellectuels (Noam Chomsky, Judith Butler), artistes (Meryl Streep, David Bowie, Elton John…), et organisations internationales.
En 2008, cette initiative a abouti à une Déclaration à l’Assemblée Générale des Nations Unies, soutenue par 67 pays – une première historique. Mais il convient d’aller plus loin.
C’est pourquoi, aujourd’hui, nous proposons que soit adoptée à l’Assemblée Générale des Nations Unies un moratoire sur l’application des peines contre les personnes LGBT+. Il ne s’agirait que d’un pas, mais d’un pas important, dans l’attente de l’abolition de toute discrimination pénale dans ce domaine.
Ce que nous demandons aux pays qui pénalisent les personnes LGBT+, ce n’est pas qu’ils renoncent à leur philosophie, à leurs valeurs ou à leurs croyances religieuses, mais qu’ils suspendent l’application des peines dès maintenant. À l’instar de ce qui a été fait dans la campagne contre la peine de mort, nous invitons les États membres de l’Assemblée Générale des Nations Unies à voter une résolution demandant la mise en place d’un moratoire.
Certains pays estiment que l’opinion n’est pas prête et qu’il faut d’abord que le débat ait lieu dans la société civile. Il faut bien sûr que ce débat ait lieu dans le monde entier sur l’homophobie et la transphobie, mais cela prendra forcément beaucoup de temps. En attendant,
« avec un moratoire sur l’application des peines, les pays concernés pourraient sauver la face, et nous, nous pourrions sauver des vies. »
Alexandre Marcel
Président du Comité IDAHO-France
Louis-Georges Tin
Fondateur de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie
Tribune originale publiée le 17 mai 2023 dans Le Monde :
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Contact : moratoire@lgbtphobie.org