Vous, politiques et religieux qui persécutez nos frères et sœurs par lâcheté, écoutez.
Ce qui frappe dans votre guerre contemporaine contre les personnes perçues comme homosexuelles, c’est l’absurdité de votre fondement. Elles n’ont rien revendiqué, rien imposé, et pourtant, vous avez placé au cœur de votre persécution un paradoxe historique majeur.
Dans de nombreux pays aujourd'hui, vous les poursuivez, les humiliez et les désignez comme ennemis sociaux au nom de normes que vous prétendez défendre. Mais vous savez pertinemment que ces normes sont l’héritage direct de la colonisation — cette même colonisation que vous dénoncez pourtant unanimement dans vos discours officiels. Avant l’arrivée du colonisateur, dans les sociétés que vous prétendez représenter, ces personnes vivaient intégrées à leurs traditions, reconnues dans leurs rôles sociaux, souvent tolérées et rarement persécutées.
👉 Autrement dit, ce que vous présentez comme une défense de l’authenticité culturelle repose en réalité sur un héritage juridique et moral importé, puis figé. Votre authenticité est un mensonge.
La substitution idéologique de l’histoire
Dans ces sociétés, vous avez progressivement remplacé l’histoire humaine et anthropologique par vos idéologies politiques. Non pas parce que la population l’exigeait, mais parce que vous avez compris une chose essentielle :
Le mécanisme que vous employez est ancien et universel :
- hier, c’était le « riche juif » accusé de tous les maux,
- aujourd’hui, c’est le « gay supposé », l’artiste, l’animateur, le chanteur, la figure médiatique.
Dans les deux cas, votre procédé est identique :
- personnaliser la colère sociale pour qu'elle ne se tourne pas contre vous,
- détourner l’attention de vos responsabilités structurelles,
- transformer une minorité en exutoire collectif.
La diversion comme stratégie de pouvoir
Il est infiniment plus simple pour vous d’accuser, de soupçonner et de traquer des individus sur la base de leur identité supposée que de faire votre véritable travail :
- créer de l’emploi,
- augmenter le pouvoir d’achat,
- faire baisser les prix,
- garantir l’accès aux services essentiels,
- tenir vos promesses économiques répétées.
Plutôt que de répondre à la misère, au chômage, à l’inflation ou à la précarité, vous occupez l’espace public avec :
- des scandales moraux de votre invention,
- des rumeurs médiatiques,
- des campagnes de dénonciation,
- des figures publiques “suspectées”.
Vous invitez ainsi la population à surveiller des corps et des comportements, pour qu’elle cesse d’exiger des comptes sur votre gouvernance.
Une persécution sans demande
Il faut le souligner avec force : les personnes LGBT+ concernées ne réclament ni privilèges, ni domination, ni rupture sociale. Elles demandent — quand elles demandent — simplement à vivre sans être traquées.
Et pourtant, vous les transformez en :
- symboles de décadence,
- menaces fantasmées,
- outils de mobilisation politique.
📌 Cette persécution n’est donc pas une réponse à un danger réel,
📌 mais une construction politique consciente de votre part, utilisée pour éviter d’affronter les véritables enjeux.
Conclusion : quand la haine remplace la politique
Ce phénomène révèle une vérité dérangeante sur votre pouvoir :
La chasse aux homosexuels supposés, comme hier d’autres chasses idéologiques, n’est pas une question de morale, mais un aveu d’échec politique. Elle permet de gouverner par la peur, la distraction et la stigmatisation — là où il faudrait gouverner par des solutions concrètes.
Et c’est précisément pour cela que ce mécanisme se répète, d’un continent à l’autre, d’une époque à l’autre. Paris le 17/05/2026 par le Comité Idaho France